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Les TIC, serait une panacée du système éducatif burundais

Les Technologies de l’Information et de la Communication pourraient relever les défis d’insuffisance de matériels pédagogiques du système éducatif burundais. Pour y arriver, des efforts doivent être consentis au niveau de l’électrification du milieu rural et urbain, de l’accès à l’internet, de la fourniture des équipements adaptés au besoin et de la formation du personnel concerné.

Une étude sur les Solutions Numériques au Service de l’Education de Base (SNSEB) au Burundi montre que grâce à l’internet, la documentation devient facile. Selon elle, une classe ne se limite plus à sa seule bibliothèque personnelle. Elle accède à l’ensemble de livres numériques. De même, un élève n’est plus limité dans la documentation. Il peut consulter plusieurs documents. Cet accès aux ressources immenses se fait de manière instantanée et à tout moment de la journée.

L’utilisation de l’internet peut être une solution en situation d’insuffisance de manuels physiques. Par exemple, elle pourrait être une voie sûre pour la plupart d’établissements de l’école fondamentale confrontés au manque criant de livres. Un des exemples, l’école fondamentale de Kanyosha II, Direction Scolaire de l’Enseignement de Muha, en mairie de Bujumbura. Au mois de février, cette année, ses responsables ont estimé à plusieurs centaines les besoins en ouvrages : 408 livres par domaine pour les classes de 7ème, 202 livres par domaine pour la 8ème, 194 livres par domaine pour la 9ème année. Il faut rappeler que la situation est d’une envergure nationale.

Insuffisance ou manque d’équipements technologiques 

L’enquête sur les SNSEB révèle que les écoles ne sont pas toutes équipées en outils qui permettraient la matérialisation de l’éducation numérique. Au niveau des écoles fondamentales, poursuit-elle, l’ordinateur est presque absent. Dans les écoles techniques et post fondamentales, il existe en moyenne 12 ordinateurs par école, selon toujours la même étude.  Les autres outils numériques (téléviseur, rétroprojecteurs, …) sont en quantité faible variant de 0 à 1,9 par école.

Tous ces problèmes constituent un obstacle majeur à la matérialisation de l’éducation numérique au Burundi. De plus, même les écoles publiques disposant d’ordinateurs ne sont pas connectées au réseau internet. A cela s’ajoute les enseignants qui ne sont pas préparés pour l’enseignement assisté par l’ordinateur et à l’utilisation des logiciels éducatifs.

Peu de centrales de réseaux solaires en milieu rural

Le taux d’électrification des écoles par centrales de réseaux solaires varie selon le milieu. Les données collectées par la Coalition Bafashebige montrent que 83,3% des réseaux urbains possèdent de l’électricité contre 14,9% seulement des milieux ruraux. De plus, 72,2% des écoles urbaines contre 2,8% du milieu rural ont au moins une école avec un équipement informatique.

Pour les écoles post-fondamentales, le constat est que plus de la moitié (67,4%) des établissements du post fondamental général et pédagogique public ne sont pas alimentés en électricité. Par contre, 65,8% du post fondamental technique sont dotés d’électricité. Cette situation pourra affecter l’ambition de vulgarisation de l’utilisation des logiciels et la pratique de l’Enseignements Assistés à l’Ordinateur (EAO) dans les écoles, surtout en milieu rural.

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 28,9 millions $ pour le Burundi. Une partie du don permettra d’offrir des opportunités à 200 établissements d’enseignement. « Au total, 36 localités reparties sur onze provinces du Burundi seront couvertes par le projet qui réalisera plus de 26 000 nouveaux branchements au réseau ainsi qu’un renforcement de 60 postes de transformation actuellement surchargés afin de réduire les pertes d’énergie et l’énergie non distribuée, renforçant ainsi la fiabilité de l’alimentation électrique », peut-on lire dans un communiqué de la BAD.

Rappelons qu’Ir Willy Ciza, directeur des Énergies renouvelables et d’Efficacité énergétique au sein du ministère de l’Énergie a informé, en octobre 2021, que l’accès à l’électricité s’évalue à 10 % dans les zones à forte concentration et 2 % en milieu rural.




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