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Formation adaptée aux besoins, une clé pour diminuer le chômage

L’élaboration des programmes de formation orientés vers l’auto-emploi, à tous les niveaux d’enseignement, pourra réduire le taux de chômage des jeunes. Toutefois, pour y arriver, il faudra des financements conséquents. Cela fait partie des réformes proposées lors des états généraux de l’éducation, deuxième édition.

La professionnalisation du système éducatif burundais veut inculquer aux jeunes la culture entrepreneuriale dès le bas âge. Ce, en rendant plus pratique les programmes de formation avec du matériel adapté. Au Burundi, 61% de la population a moins de 25 ans (ISTEEBU 2020), donc scolarisable. Pour mener à bon port le programme, le gouvernement doit mettre en place un plan de construction, de réhabilitation d’infrastructures et d’équipement scolaires et universitaires publics (salles de classe, laboratoires, bibliothèques, …). Et cela, du préscolaire à l’enseignement supérieur.

Tenir compte de la démographie juvénile galopante

Professeur Paul Hakizimana, donne une description panoramique temporelle sur quatre niveaux d’enseignement au Burundi. Selon lui, depuis l’année 2014, les effectifs du cycle préscolaire public et privé ont augmenté de 107,75%. Ces effectifs continueront d’augmenter à telle enseigne qu’en 2030, 60% des enfants de 5 ans seront accueillis pour au moins une année du préscolaire. Pour le préscolaire communautaire, les effectifs seront portés à 0% à cette échéance.

Pour le cycle fondamental public et privé, les effectifs ont augmenté de 14, 66%. Le taux brut de scolarisation dans ce cycle sera de 79,2 % en 2030 et le taux d’achèvement de 65%.

Au cycle post fondamental général et pédagogique, les effectifs ont connu une légère augmentation de 4,65%. Les projections y relatives montrent une tendance à la baisse face à la politique de promotion du post fondamental technique dont les effectifs ont sensiblement augmenté de 48,5 jusqu’en 2021. La tendance montre qu’en 2030, 40% des élèves y seront orientés.

Pour l’enseignement supérieur public et privé, les effectifs ont connu un fort taux d’accroissement de 68,9% avec une proportion prépondérante pour les institutions d’enseignement supérieur privées. Cette tendance va se poursuivre jusqu’en 2030 pour atteindre un accroissement de 38,8%.

Revoir à la hausse l’investissement dans l’éducation

L’analyse des experts économistes, professeur Léonidas Ndayizeye et Stève Niyongabo révèle que le budget alloué à l’éducation a considérablement augmenté. Il est passé de 322,1 milliards de BIF pour l’année budgétaire 2020/2021 à 353,7 milliards de BIF pour l’année budgétaire 2021/2022. Toutefois, les investissements dans ce secteur restent très faibles. 69,1% des budgets du secteur de l’éducation en 2021/2022 seront utilisés pour payer les salaires, tandis que les investissements ne prendront que 8,4% seulement (8% en moyenne sur les 5 dernières années).

L’analyse évoque aussi que le financement externe reste faible depuis 2016. Il était de 5,3% en 2016 et de 7,7% en 2021/2022. Il est passé de 1,7% en 2017, 1,5 en 2018/2019 et même à 0,8% en 2019/2020. Et pour le préscolaire, les allocations restent très faibles et ont tendance à diminuer. Elles sont passé de 0,025 en 2017 du budget du ministère en charge de l’éducation à 0,019% en 2021/2022.

Remèdes recommandés

Pour faire face aux défis liés au financement du secteur de l’éducation et améliorer les performances du secteur, des stratégies permettant l’augmentation des ressources destinées au financement de l’éducation ont été définies. Il s’agit entre autre de faire du secteur de l’éducation une priorité des priorités. Identifier, budgétiser et réviser les programmes de formation pour les adapter aux besoins réels du pays sans sacrifier les standards internationaux de qualité. Arrêter une stratégie de mobilisation de ressources, surtout internes pour une durabilité : maintenir au moins les 6% du PIB et instaurer une taxe éducation.




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