« Epaves », ce deal en attente de preneur!

Au Burundi, nombre de véhicules hors d’usage jonchent, depuis des années, plusieurs cours des structures de l’administration publique. Considérées comme inutiles par certains, ces épaves constituent a contrario une véritable opportunité non-exploitée. 

Il s’agit des épaves de véhicules de toutes sortes. Certaines périssent dans des endroits pour y avoir été garées pendant très longtemps. D’autres y sont couvertes de poussière et de végétaux.

Réduire le gaspillage

Et si, au lieu de jeter ces épaves, on les réparait, les recyclait et les réutilisait ? C’est d’ailleurs l’esprit de l’« économie circulaire ». Elles constitueraient une extraordinaire opportunité. Le processus générerait de l’emploi pour la jeunesse burundaise voire pour des étrangers.

Il n’y a pas de statistiques sur le nombre d’épaves jonchant les lieux publics, au Burundi, pour le moment. Cependant, l’importance du nombre de véhicules y circulant dit tout. Près de 80.000 en 2013, selon une étude de l’Institut de Statistiques et d’Etudes Economiques du Burundi (ISTEBU). Nul doute que le parc automobile augmente exponentiellement d’année en année.

Il n’existe pas non plus de centres spécialisés pour le recyclage, la déconstruction ou la dépollution. Ce qui laisse libre le terrain pour des opérateurs souhaitant investir dans le secteur. Et, grâce à ZESB [Zone Economique Spéciale Burundi], ils pourraient importer leurs équipements à moindres coûts. 

En 2017, le gouvernement burundais a lancé un processus d’identification de tous les véhicules hors d’usage (VHU). L’objectif étant de préparer la phase de leur collecte. L’exercice n’est pas encore achevé.

Exemples d’ailleurs

Il faut préciser que l’économie circulaire propose de « repenser les modes de production et de consommation » dans le but d’optimiser l’utilisation des ressources naturelles et par conséquent limiter les déchets générés.

C’est dans cette logique qu’une directive européenne exige qu’au moins 85 % du poids d’un véhicule hors d’usage (au niveau de l’UE) soit « réutilisé » ou « recyclé », 10% « valorisé » et 5 % voué à l’enfouissement.

En France, environ 1 millions d’épaves sont traitées chaque année dans 1700 centres de traitement, selon le ministère de la transition écologique. Le secteur y occupe déjà au moins 30 000 personnes à temps plein.