B-NP Magazine

Burundi : Politique Nationale d’Industrialisation, un nouveau-né dans le secteur commercial

 

Une fois dans son histoire, le Burundi se dote d’une Politique Nationale d’Industrialisation depuis ce 24 mars 2022. La ministre du commerce Marie Chantal Nijimbere invite les opérateurs économiques à exploiter le contenu pour booster la production industrielle locale et minimiser les importations.

 

 Le nouvel instrument et sa stratégie de mise en œuvre va permettre de booster le développement du secteur industriel du Burundi. Marie Chantal Nijimbere décrit les domaines clés d’intervention : Il s’agit de l’agro-industrie, la manufacture, le secteur minier, l’industrie chimique, l’industrie d’assemblage, les technologies de l’information et de la communication.

Pour avoir une performance, la ministre invite les opérateurs économiques du secteur privé, tant nationaux qu’étranger, à s’engager davantage dans le processus d’investissement pour développer à moyen et à long terme, une industrie dynamique diversifiée et compétitive.

Elle déplore que malgré les grandes potentialités dont disposent le Burundi et les initiatives déjà entreprises depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, dans le développement du secteur industriel, la contribution à la croissance de l’économie burundaise reste globalement faible. « C’est pourquoi le positionnement de l’économie burundaise pour alimenter les zones de libre-échange EAC, COMESA, la ZLECAF restent un défi majeur ». souligne-t-elle.

Nijimbere appelle les opérateurs économiques burundais à profiter des opportunités d’investissement autour d’un grand projet de construction de la ligne ferroviaire Uvinza-Musongati-Gitega-Bujumbura-Uvira Kindu. Selon la ministre, ce chantier qui sera bientôt entrepris, aura besoin de services connexes autre que la construction (les matériaux de construction, les engins et les machines, les services de transport, services de restauration, d’hôtellerie, etc.

 Les investisseurs s’en réjouissent

 Audace Ndayizeye, président de la Chambre Fédérale du Commerce et d’Investissement du Burundi (CFCIB) abonde dans le même sens. « L’Histoire a montré à mainte reprise que le seul aspect important qui différencie les pays riches des pauvres est leur haute compétence industrielle où la productivité est généralement plus élevée ».

 Selon lui, la politique nationale d’industrialisation va permettre d’augmenter la capacité de production. Elle va aussi provoquer un changement structurel du degré technologique. Et ceci va créer un impact positif sur la croissance économique.

Il déplore que jusqu’aujourd’hui seul le Burundi ne disposait pas de cette politique dans la région Est-africaine. Et, par conséquent, les huit mesures d’indicateurs de performance compétitive de l’industrie ont connu une dégradation par rapport aux pays de la CEA. Il précise que cela est dû à l’absence de la politique nationale d’industrialisation.

 

Lueur d’espoir

 Une fois la politique nationale d’industrialisation soit bien établie dans le pays, de nouvelles entreprises verront le jour. Ainsi, le recours aux devises pour les importations sera résolu. Dans ce cas, la balance des paiements qui, depuis de nombreuses années déficitaire suite à la faible industrialisation de notre pays, sera améliorée.

Toutefois, le président de la CFCIB  demande au gouvernement de mettre en place des mécanismes qui protègent l’industrie burundais en apportant un régime fiscal incitatif en plus de ce qui est prévu dans le code des investissements.

Pour y arriver, dit-il, l’instauration d’un fonds de soutien à l’industrialisation avec des taux d’intérêt bonifié est nécessaire.




Leave a Reply

Your email address will not be published.

Open chat